Fibromyalgie et nutrition

Intervention de Mme Armelle Laprelle

le 05-02-2013

Le 9 janvier sont intervenus au cours de cette session des Mercredis de la Fibromyalgie :

- Madame Ghislaine Baron qui nous a fait part des activités de l'association Fibromyalgie SOS

- le Docteur Khorassani pour présenter la PCP therapy.

- Mme Armelle Laprelle sur le thème "Fibromyalgie et Nutrition" qui fait l'objet un article sur ce site auquel viendront se rajouter des fiches plus détaillées.

Des témoignages de patients traités par PCP Therapy ont donné l'occasion d'échanges avec l'assistance.



Nutrition et fibromyalgie

▲ Sommaire

Armelle LAPRELLE


1.             Introduction

La fibromyalgie est une pathologie avec des :

  • douleurs musculaires, tendineuses, articulaires, adipeuses,
  • fatigues musculaire, digestive et neuropsychique,
  • hypersensibilités multiples à la douleur, aux stress, polluants, médicaments, allergènes alimentaires, agents pathogènes.

Il s’agit d’un syndrome multifactoriel et les facteurs de risque sont donc multiples :

  • génétiques groupe HLA-B35 …
  • comportementaux stress, comportement alimentaire, …
  • environnementaux alimentation carencée, intoxication, infection, …

Dans une maladie multifactorielle, on considère classiquement et schématiquement que les facteurs génétiques contribuent à 20 % dans la pathologie. On peut donc agir largement sur les facteurs comportementaux et environnementaux.

Impact nutritionnel

Une alimentation déséquilibrée contribue aux déficits en magnésium, vitamine D, tryptophane (acide aminé précurseur de la sérotonine), ….

Une alimentation inappropriée conduit à une mauvaise santé intestinale avec déséquilibre de la flore intestinale (dysbiose) et augmentation de la perméabilité intestinale. En fonction de l’importance de la perméabilité intestinale, la muqueuse intestinale ne joue plus son rôle de barrière et laisse passer des fragments d’aliments (allergènes alimentaires). Ces derniers déclenchent une réponse immunitaire accompagnée d’une réponse inflammatoire. Avec le temps et la répétition des repas, s’installe une hyperperméabilité intestinale qui entraine une forte réactivité intestinale accompagnée d’une réponse inflammatoire excessive.

Ainsi, l’intestin qui est le 1er organe immunitaire (en nombre de cellules de l’immunité) contribue fortement à l’inflammation systémique chronique. L’inflammation et le stress oxydant associé produisent de nombreuses substances qui pour être éliminées demandent un travail supplémentaire au foie. En raison  de la fatigue hépatique qui s’installe progressivement, ces substances mais aussi les déchets du métabolisme et les xénobiotiques (substances étrangères à la vie ou polluants) s’accumulent dans l’organisme, notamment dans les muscles et le tissu adipeux qui deviennent douloureux.

Objectifs

L’identification des objectifs santé, à savoir confort musculaire (soulager les douleurs), confort digestif, confort psychique (diminuer le stress et l’anxiété), retrouver de l’énergie, régulariser son poids et stabiliser son état d’une part et l’examen des causes sur lesquelles on peut agir d’autre part, conduisent aux objectifs nutritionnels suivants :

  • compenser les carences et déficiences ;
  • soutenir la fonction hépatique ;
  • diminuer la réactivité intestinale ;
  • diminuer l’exposition aux polluants (xénobiotiques, agents pathogènes) ;
  • diminuer les dysfonctionnements métaboliques ;
  • réguler les voies métaboliques et le poids ;
  • restaurer la fonction intestinale ;
  • favoriser la détoxication hépatique.

Il s’agit en premier lieu d’identifier les principales carences et déficiences pour baisser l’inflammation systémique afin de diminuer les douleurs. Bien souvent, la baisse de l’inflammation entrainera une perte de poids.

2.             Alimentation

2.1. - Quelques recommandations 

  • Dans la mesure du possible, repas à horaires réguliers pris dans le calme.
  • Bien manger le matin et le midi, modérément le soir et au moins 2 h avant le coucher.
  • Manger équilibré (régime normal léger), bien mastiquer, boire suffisamment.
  • Éviter les plats cuisinés, les excès de viandes grasses, charcuteries, crème, fromages de vache, pain, pâtes, semoule, pâtisseries, viennoiseries, sucres rapides, café, alcool, épices fortes,
  •  Bien choisir les aliments à savoir : des produits frais et non raffinés (huiles, farines, céréales, sucres et sels), des céréales sans gluten (riz, maïs bio), avoine mais aussi quinoa, sarrasin, des fruits et légumes frais, des bonnes graisses (huile d’olive, colza, fromages de chèvre et brebis …)
  • Vérifier les ingrédients, éviter les huiles de tournesol, maïs, palme (ou acide gras palmitique), additifs de synthèse et édulcorants.
  • Privilégier les emballages en verre.
  • Bien conserver.              
  • Bien préparer : éviter les fritures, cuissons fortes et/ou excessives.

 

2.2 -   "Régime" recommandé

  • Normal léger
Composition équilibrée sur la base du régime méditerranéen
- Lipides, protéines, glucides, vitamines et oligoéléments
-   Pas d’excès caloriques mais non amaigrissant
Qualité
-  Bonnes graisses (huile d’olive, fromages chèvre et brebis…)
-  poissons (saumon sauvage, maquereaux …) et autres protéines
-  fruits et légumes et glucides à index glycémique bas
 
  • Anticandidose
Ne pas nourrir les levures intestinales (suppression des céréales à gluten et des sucres rapides)
Par principe de précaution, ne pas apporter de levures (suppression Ultra-levure et produits fermentés contenant des levures)
 
  • Individualisé
Adaptation très progressive en fonction des goûts
Selon la physiopathologie et les besoins
-  fibres en fonction de la tolérance intestinale
-  aliments hypoglycémiants, hypolipémiants  …

 

3.             Micronutrition

Classiquement, la micronutrition est une branche de la nutrition qui concerne les micronutriments (vitamines, oligoéléments …) en lien avec la santé, donnés à des doses nutritionnelles (on parle de complémentation) et de façon individualisée en fonction de la physiopathologie et des besoins de la personne. La complémentation est donc utilisée pour compléter l’alimentation en cas d’insuffisance d’apport. La supplémentation concerne des doses supérieures pour supplémenter rapidement une fonction physiologique défaillante ou pour des cas particuliers.

Le groupe HLA-B35, qui concerne environ 18 % de la population, prédisposerait à un déficit en magnésium intracellulaire et en vitamine D, déficits que l’on retrouve dans la spasmophilie et la fibromyalgie.

Par ailleurs, de nombreux micronutriments peuvent intervenir comme le tryptophane, la taurine, le silicium (Si), les acides gras polyinsaturés oméga3, les vitamines B, les antioxydants …

 

4.             Principales clés nutritionnelles

 

 

5.             Conclusion

Il s’agit de prendre conscience de l’importance de l’impact nutritionnel et de l’intérêt d’avoir une alimentation saine, équilibrée, variée et individualisée. Pour y parvenir, il est important de connaître les recommandations hygiéno-diététiques et les principales clés nutritionnelles. Celles-ci sont à considérer comme des indications et non comme des contraintes. Il vaut mieux un changement lent progressif et durable plutôt qu’un régime strict qui ne sera pas poursuivi. Dans le domaine de la nutrition, le choix est vaste et différentes solutions pourront être recherchées et essayées afin d’évoluer progressivement vers de meilleures habitudes alimentaires et une nutrition appropriée en fonction de ses goûts et besoins.

Pour éviter des rechutes et stabiliser à long terme, il faudra veiller à compenser les déficits chroniques, traiter la dysbiose et l’hyperperméabilité intestinale afin de restaurer une bonne santé intestinale.

 
Mots clés : magnésium nutrition Régimes alimentaires vitamine D